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Encadrement des loyers : règles, villes et sanctions

Publié le 5 novembre 2026 · 6 min de lecture

L'encadrement des loyers limite le loyer d'un logement vide ou meublé loué dans certaines zones tendues. Le bailleur doit respecter un loyer de référence majoré fixé par le préfet. Un complément de loyer reste possible dans des cas précis. Voici comment vérifier si votre bien est concerné et quoi faire.

Quels loyers sont soumis à l'encadrement ?

Sont soumis à l'encadrement les logements situés dans une commune qui l'a mise en place, pour les nouveaux baux et les renouvellements. Le dispositif est expérimental et volontaire : il ne s'applique pas partout, même en zone tendue. Seules certaines agglomérations l'ont adopté, après décision de l'État et demande de la collectivité.

Dans une zone tendue sans encadrement, la règle est différente. À la relocation, le loyer est en principe limité par un encadrement de l'évolution, sauf exceptions. Les règles varient selon la commune et la date du bail. Avant de fixer un prix, consultez la liste officielle des communes sur service-public.fr ou renseignez-vous auprès de l'ADIL de votre département.

Pour situer le marché local, regardez les prix de la commune sur la page Prix immobilier ou sur la Carte des prix. Ces repères de vente ne remplacent pas le loyer de référence, mais ils aident à comprendre le contexte.

Loyer de référence, majoré et minoré : comment ça marche

Trois montants encadrent le loyer : le loyer de référence, le loyer de référence majoré et le loyer de référence minoré. Chaque année, le préfet les publie par secteur géographique. Ils dépendent du type de logement : nombre de pièces, époque de construction et caractère meublé ou non.

Le loyer de référence majoré est le plafond à ne pas dépasser, exprimé par mètre carré de surface habitable. Pour trouver votre plafond, multipliez ce montant par la surface du logement. Le bail doit mentionner le loyer de référence majoré et le loyer de référence correspondants.

Voici la méthode à suivre :

  1. Repérez le secteur de l'adresse sur le site de la préfecture ou de la collectivité.
  2. Identifiez la catégorie : nombre de pièces, époque de construction, meublé ou vide.
  3. Relevez le loyer de référence majoré au mètre carré.
  4. Multipliez par la surface habitable.

Le résultat est le loyer maximal hors complément et hors charges.

Quelle surface prendre en compte ?

La surface à retenir est la surface habitable, celle indiquée dans le bail. Elle exclut les murs, cloisons, marches, cages d'escalier, gaines, embrasures de portes et fenêtres. Les caves, garages, balcons et terrasses ne comptent pas non plus. Les parties de pièce dont la hauteur sous plafond est trop faible sont également écartées.

Une surface mal mesurée change le plafond, donc le loyer. Si vous avez un doute, faites mesurer le logement. Un locataire peut aussi contester une surface erronée. Pour un appartement que vous envisagez de vendre plus tard, cette même surface sert à calculer le prix au mètre carré : vous pouvez ensuite lancer une estimation d'appartement gratuite.

Complément de loyer, charges et sanctions

Le complément de loyer permet de dépasser le plafond, mais seulement si le logement présente des caractéristiques de localisation ou de confort exceptionnelles, par rapport aux logements du même secteur. Ces caractéristiques ne doivent pas déjà être prises en compte dans le loyer de référence. Le bail doit les décrire précisément et le montant du complément doit y figurer.

Les charges se facturent en plus du loyer, mais seules les charges récupérables peuvent être demandées au locataire. Il s'agit par exemple de l'eau, de l'entretien des parties communes ou de l'ascenseur. Elles sont fixées par la réglementation, et le bailleur doit pouvoir les justifier. Elles peuvent être au forfait ou au réel avec régularisation, selon le bail.

En cas de dépassement, le locataire peut agir. Il peut d'abord demander une mise en conformité du bail à son bailleur, puis saisir la commission départementale de conciliation. En dernier recours, il peut saisir le juge. Le préfet peut aussi infliger une amende administrative au bailleur. Le montant exact dépend du texte en vigueur : vérifiez-le sur service-public.fr.

Bailleur : comment bien fixer son loyer

Pour un propriétaire, la bonne démarche tient en quelques étapes. Vérifiez d'abord si la commune applique l'encadrement. Calculez ensuite le plafond avec la surface habitable. Ajoutez un complément seulement si vous pouvez le justifier. Enfin, rédigez le bail avec toutes les mentions obligatoires.

Un loyer maîtrisé reste à comparer à la valeur du bien. Certains propriétaires se demandent si louer reste pertinent ou s'il vaut mieux vendre. Dans ce cas, consultez les ventes réelles issues de DVF, ou le taux immobilier du moment, puis demandez une estimation. Vous pouvez aussi comparer les agences immobilières de votre commune. Aucune mise en relation ne se fait sans votre accord explicite.

Les mentions du bail et les justificatifs à conserver

Pour un bail soumis à l'encadrement, le meilleur réflexe est de garder une trace écrite de chaque élément qui a servi à fixer le loyer. Ces documents protègent le bailleur comme le locataire en cas de désaccord, et ils permettent de vérifier rapidement que le contrat respecte les règles.

Côté bailleur, constituez un dossier simple dès la signature. Il peut contenir la capture ou l'extrait de l'arrêté préfectoral consulté, avec la date de consultation, la catégorie retenue pour le logement et le calcul du plafond. Ajoutez la preuve de la surface habitable, par exemple un mesurage, ainsi que les éléments qui justifient un éventuel complément de loyer : photos, description de la localisation ou des équipements. Conservez aussi les anciens baux et les quittances, car ils éclairent l'historique du loyer lors d'une relocation.

Côté locataire, relisez le bail avant de signer. Vérifiez la présence du loyer de référence, du loyer de référence majoré, de la surface et, le cas échéant, du complément et de sa justification. Si une mention manque ou vous paraît floue, demandez des précisions par écrit : un échange de courriels suffit souvent à clarifier la situation. Gardez ensuite le bail, l'état des lieux, les quittances et les justificatifs de charges dans un même dossier.

En cas de doute sur la validité d'une mention, l'ADIL de votre département peut analyser le contrat avec vous et vous orienter vers la bonne démarche.

Questions fréquentes

Quelles sont les nouvelles lois pour les locataires en 2026 ?

Les règles évoluent régulièrement et il est préférable de vérifier le texte en vigueur. Service-public.fr publie les informations à jour sur les droits des locataires, l'encadrement des loyers et les obligations des bailleurs. Votre ADIL peut aussi vous renseigner.

Qu'est-ce qui peut être compris dans les charges ?

Seules les charges récupérables définies par la réglementation peuvent être facturées au locataire. Elles couvrent par exemple l'eau, l'entretien des parties communes et l'ascenseur. Le bailleur doit pouvoir justifier ces dépenses.

Quelle surface prendre en compte pour la location ?

Il faut retenir la surface habitable. Elle exclut les murs, cloisons, escaliers, caves, garages, balcons et terrasses.

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